Paroisse Saint Martin du Vignogoul

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Eglise catholique en France




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  • Site portail de l’Eglise catholique en France
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    Ce site officiel renvoie vers les diocèses, les services et les mouvements de l’Eglise catholique en France. Il diffuse des informations institutionnelles.


    • La papauté en Avignon fête ses 700 ans

      L’Enclave des Papes va célébrer ses 700 ans. Le cardinal Paul Poupard, prélat français et président émérite du Conseil pontifical de la culture, envoyé spécial aux célébrations du VIIe centenaire de la création de « l’Enclave des papes », dans le diocèse d’Avignon représentera le pape François du 23 au 25 juin. André Vauchez, historien médiéviste, spécialiste de l’histoire de la sainteté et de la spiritualité médiévales nous rappelle le contexte historique de la papauté d’Avignon.

      Rien de prédestinait a priori Avignon, modeste cité épiscopale de la basse vallée du Rhône, à devenir un jour la capitale de l’Église latine, ce qu’elle fut pendant une soixantaine d’années entre 1317 et 1377, et même au-delà puisqu’un pape y résida pendant le Grand Schisme d’Occident, de 1378 à 1403. Mais, depuis le milieu du XIIIe siècle, la papauté avait privilégié l’axe rhodanien pour y tenir des conciles (Lyon I en 1247, Lyon II en 1274, Vienne en 13011-1312), dans la mesure où cette région, beaucoup moins périphérique que Rome, constituait le centre de gravité de la chrétienté.
      Après le pontificat de Boniface VIII (1294-1303) marqué par de violents affrontement avec Philippe le Bel, ses successeurs éprouvèrent le besoin de se rapprocher de la France pour régler les conflits qui opposaient le Saint-Siège à la monarchie capétienne. Le pape gascon Clément V (1305-1314) s’établit à Avignon de façon provisoire, mais son successeur Jean XXII (1316-1334), ancien évêque de cette cité et chancelier des comtes de Provence, donna à cette installation un caractère définitif en y faisant venir les cardinaux et  la Curie. Plutôt que de se lancer dans un voyage hasardeux vers Rome où la situation politique était très chaotique, il prit en compte les avantages que présentait Avignon : un site défensif exceptionnel avec le rocher des Doms qui surplombe la cathédrale Notre-Dame et le couloir rhodanien, une situation particulièrement favorable, à portée du royaume de France, avec des relations  faciles avec l’Italie par les cols alpins ou le port de Marseille, et la présence d’une université depuis 1303. La ville dut accueillir tous les services de la papauté et plusieurs centaines de curialistes y affluèrent. Pour abriter la cour et les archives pontificales, et se donner une résidence adaptée à sa fonction de chef de l’Église, Benoît XII (1334-1342) commença à construire le Palais des papes, qui fut ensuite agrandi et embelli par Clément VI (1342-1352). Ce dernier y établit une grande chapelle à nef unique, au dessus de la salle de l’Audience où il recevait les souverains et les ambassadeurs, et fit appel aux meilleurs artistes pour la décorer. L’ensemble, situé sur les pentes du rocher calcaire qui surmonte impérieusement la ville, couvre une superficie de 6400 mètres carrés. Pour y garantir l’indépendance de la papauté, il racheta la cité à la reine de Naples, héritière des comtes de Provence, en 1348 ,et son successeur Innocent VI (1352-1362) la fit entourer d’une enceinte fortifiée.
      Capitale provisoire de la chrétienté, Avignon changea d’aspect et sa population, très cosmopolite du fait de l’arrivée de clercs étrangers au service de la papauté, de solliciteurs, de marchands et de nombreux Juifs, dépassa les 30.000 habitants vers le milieu du XIVe siècle, ce qui était considérable à l’échelle de l’époque. Les cardinaux (20 à 25) y créèrent des hôtels particuliers, appelés « livrées », où ils s’établirent avec leur entourage en rivalisant de faste pour leur décoration.

      « Ubi papa, ibi Roma »
      Dans les premiers temps, la présence de la papauté à Avignon ne suscita pas de réactions hostiles au sein de la chrétienté : au XIIIe siècle, les papes avaient souvent résidé longuement dans diverses villes de L’État pontifical (Orvieto, Viterbe, Assise, Rieti, Anagni) et certains d’entre eux n’avaient jamais foulé le sol de Rome, cité jugée trop agitée et dotée d’un climat malsain. Les canonistes les avaient confortés dans cette attitude en décrétant que « là où se trouve le pape, là est Rome » (ubi papa, ibi Roma). Mais, à partir du moment où il devint évident que la papauté s’installait de façon permanente à Avignon, les plaintes commencèrent à se multiplier contre cette situation. Les papes justifiaient la prolongation de leur séjour sur les bords du Rhône par le rôle de médiateurs qu’ils s’efforçaient de jouer dans les hostilités entre la France et l’Angleterre, qui s’engagèrent à partir de 1340 dans une « Guerre de Cent Ans » coupée de quelques trêves. Après 1350, la contestation se développa sur ce thème en Italie, en particulier chez les lettrés, et Pétrarque dénonça dans ses écrits  l’« exil » et la « captivité » d’Avignon, thèmes appelés à connaître un grand succès auprès de l’opinion publique. A proprement parler ces expressions n’avaient pas de sens, car la papauté s’était installée à Avignon de son plein gré, pour des raisons de commodité, et nul pouvoir ne la retenait prisonnière. Mais, comme elle entretenait des relations particulièrement étroites avec la monarchie capétienne et recourait à des prélats et à des fonctionnaires français, considérés comme particulièrement rapaces, pour administrer ses possessions italiennes, un puissant mouvement exigeant le retour du pape à Rome se développa au sein de la chrétienté. Aux yeux de Sainte Brigitte de Suède (+1373) et de Sainte Catherine de Sienne (+1380), en demeurant à Avignon, l’Église risquait de devenir une monarchie administrative dominée par des intérêts politiques et temporels et la papauté de perdre de vue sa dimension spirituelle et pastorale.

      Urbain V de retour à Rome
      Sous l’influence de ces critiques, le pape Urbain V (1362-1370) revint à Rome en 1367, mais les difficultés qu’il y rencontra l’amenèrent à regagner Avignon où la Curie était restée. Cette décision suscita une profonde déception de la part des Romains et des partisans d’une réforme, qui estimaient que le pape ne pouvait jouer le rôle majeur qui est le sien dans l’Église qu’en résidant effectivement dans la ville dont il était l’évêque, et en s’attaquant aux abus qui s’étaient répandus au sein du clergé. Grégoire XI (1371-1378) était bien conscient de cette nécessité, mais il tergiversa jusqu’en 1376 avant de se rendre à Rome ; après son décès, le pape italien Urbain VI (1378-1389), extrêmement autoritaire et cassant, suscita bientôt l’hostilité des cardinaux qui procédèrent quelques mois plus tard à l’élection de Robert de Génève, qui prit le nom de Clément VII. La chrétienté se divisa alors entre deux obédiences, celle de Rome et celle d’Avignon, où Clément VII vint s’installer après avoir été chassé d’Italie. Avignon demeura jusqu’en 1403 la capitale d’une papauté reconnue par la France et ses alliés, mais ce rôle cessa avec le concile de Constance qui, en 1417, mit fin au Grand Schisme et rendit possible l’élection d’un pape unique résidant à Rome, en la personne de Martin V. La ville et ses environs – le Comtat Venaissin – continuèrent cependant à faire partie de l’État pontifical, jusqu’à leur annexion par la France en 1790.
      André Vauchez

      Programme des festivités

      Le 17 juin 2017 a été publiée la lettre latine par laquelle le pape François nomme le cardinal Paul Poupard son Envoyé spécial au septième centenaire de l’établissement de la Papauté en Avignon.
      Vendredi 23 juin, une cérémonie exceptionnelle de la Saint Jean 2017 accueillera des invités d’honneur et sera célébrée en présence du Cardinal Poupard émissaire prestigieux du Vatican, du maire et l’évêque de Syros (île grecque jumelée avec Grillon).
      Dimanche 25 juin, le cardinal Poupard présidera à 10h45 une messe sur la place de l’église en présence de Monseigneur Cattenoz, l’évêque d’Avignon et de Monseigneur Petros Stefan, l’évêque des Cyclades. A 12h, un repas paroissial aura lieu sur la Place Pie à Valréas. A 16h, l’office des vêpres se déroulera dans l’église Notre-Dame de Nazareth à Valréas.


      sujet : Cardinal Paul Poupard, Diocèse d'Avignon, pape, Rome

    • Narthex : Un été riche en découvertes artistiques

      La revue numérique Narthex est pensée comme un espace de dialogue entre la société et l’Eglise, à travers l’art ; elle souhaite inviter le lecteur à s’interroger sur sa propre spiritualité à travers celle des artistes. Pour cela, elle sélectionne et relaye l’actualité des arts plastiques, de la musique et du spectacle vivant, en France et dans les pays voisins. Elle met également en lumière le patrimoine religieux et la création contemporaine et propose des réflexions sur l’expérience sensible vécue à travers les œuvres, sur la symbolique des formes dans l’art ou encore sur le lien entre la création artistique et la liturgie.

      Des nouveaux contenus sont proposés chaque jour par notre équipe, qui s’efforce d’offrir des articles de qualités, sur des thématiques variées dans l’esprit qui anime cette revue. Cet été et comme chaque année, le lecteur trouvera sur Narthex un dossier spécial, qui réunit des propositions estivales de qualité, à découvrir près de chez lui ou sur son lieu de vacances. Festivals de musiques, expositions, visites-parcours, spectacles de sons et lumières… un vaste choix vous attend !
      Pour ne manquer aucune nouveauté, abonnez-vous à la Newsletter de Narthex : c’est totalement gratuit, il vous suffit simplement de renseigner votre adresse mail pour recevoir toutes les deux semaines les dernières actualités !
      Narthex vous souhaite un bel été, riche en découvertes artistiques et en inspirations !
      L’équipe de la rédaction de Narthex


      sujet : patrimoine religieux

    • La cité du vin à Bordeaux

      Le 28 juin 2007, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a inscrit Bordeaux, sur la liste du patrimoine mondial au titre d’ensemble urbain exceptionnel. C’est en effet une ville magnifique avec des bords de Garonne aménagés pour la joie des familles, des touristes et des sportifs.
      Les quais de Bordeaux, situés sur les bords de la Garonne, s’étendent sur plusieurs kilomètres. C’est un endroit de promenade pour les personnes qui ont seulement envie de s’aérer l’esprit ou pour les admirateurs de belles vues. Au bord de la Garonne se trouve La Cité du vin. Il est bon de visiter celle-ci dans le cadre d’une réflexion sur foi et culture. Plusieurs raisons invitent à y entrer.
      Ce qui frappe tout d’abord en arrivant, c’est le bâtiment lui-même. L’architecture, composée de plus de 13 350 m2 répartis sur 10 niveaux culminant à 55 mètres ne laisse pas indifférent. Elle présente une multitude de symboles liés à la vigne et à la Garonne : cep noueux, vin qui tourne dans le verre, mais aussi remous du fleuve. Située au cœur de Bordeaux, à proximité des terroirs bordelais, la Cité du Vin est une vitrine internationale et véritable porte ouverte sur les vignobles du monde. Elle conjugue l’aspect local et
      la dimension universelle.
      Les éléments variés de l’architecture évoquent l’âme du vin et l’élément liquide. L’imagination des architectes Anouk Legendre et Nicolas Desmazières a fait naître des formes et des courbes audacieuses. Au fil des saisons, des jours et des heures, le bâtiment offre des reflets changeants. On le voit de loin et en s’approchant on se laisse envahir par une sensation de mouvement, de flux ininterrompu. La voûte, rappelant la charpente massive d’un navire prenant la mer, entraîne le visiteur
      dans l’aventure du vin.
      Un autre intérêt de la Cité du Vin est de présenter le vin à travers les différentes civilisations et en particulier les traditions religieuses. Pour cela les cinq sens sont sollicités. On apprend beaucoup au sujet de l’imaginaire du vin, de son influence sur les civilisations et régions du globe depuis des millénaires, à travers l’histoire, la géographie, la géologie, l’œnologie ou encore les arts.
      La place faite aux religions est consistante. Le vin et la vigne sont au cœur du christianisme et plus généralement dans toutes les religions du Livre : judaïsme, christianisme et islam.
      L’exposition rappelle que, dans la Torah, le peuple hébreu est un plant de vigne que Dieu, vigneron, arrache d’Égypte pour le transplanter en Israël. « La vigne de Yahvé c’est la Maison d’Israël, et les gens de Juda en sont le plant chéri ». La vigne est un symbole de vie et d’alliance, pont entre les mondes matériel et spirituel. Le Coran, fait perdre au vin sa dimension terrestre : le vin est présenté comme la boisson divine du paradis d’Allah, chanté par les poètes musulmans, comme Rumi « le vin est une pluie pour le jardin de
      l’âme ».
      Le vin est omniprésent dans les fêtes juives. Lors des mariages, de la circoncision, à Pessah (Pâques), le vin ritualise les débuts et fins de cérémonies. Le Christ a fait du pain et du vin les symboles de l’alliance entre Dieu et les hommes. Pour les chrétiens, lors de l’Eucharistie dominicale, le pain se transforme en corps du Christ, et le vin se transforme en sang du
      Christ.
      À la Cité du Vin, les références à la Bible et au Coran sont nombreuses. Il est parfois difficile de s’y retrouver. Présenter la culture vin en prenant appui sur des mythes, et des textes religieux fait percevoir une formidable épopée qui a façonné les humains depuis des siècles. Quelques interrogations demeurent : comment évoquer de manière juste le vin dans la célébration eucharistique ? Faire le parcours avec des enfants ou des jeunes peut conduire à une catéchèse à condition d’informer et de faire comprendre les significations profondes des symboles eucharistiques.
      Un autre intérêt encore vient des techniques audio-visuelles employées. La visite ne peut se dérouler qu’à l’aide d’un compagnon de voyage : un casque auditif qui a la particularité d’être interactif. Il se déclenche à proximité de chacune des étapes. Dix heures de contenus sont disponibles, mais on peut effectuer le parcours en deux heures. À la pointe de la technologie audio-visuelle, les concepteurs donnent clairement les objectifs de la Cité du Vin : lieu de vie, lieu de sortie, lieu de découverte, la Cité du Vin est un voyage dans un monde de cultures. Leur souhait est de privilégier l’émotion, les sensations et le rêve.
      La Cité du Vin comporte aussi un salon de lecture et un bel auditorium. Un musée temporaire donne à voir des peintures d’une grande diversité. En 2017, le thème était : le vin de Baudelaire à Picasso. En 2018, le projet est de montrer aux visiteurs des peintures sur le thème du vin et de la musique. L’impression en repartant de la Cité du Vin est vraiment d’avoir acquis des connaissances dans un espace lumineux et convivial. Bien entendu, il est possible de monter jusqu’au dernier niveau pour y déguster non seulement des vins de Bordeaux mais aussi des vins du monde entier. De plus la vue sur la Garonne et sur la ville est splendide.
      À proximité de la Cité du Vin, dans le quartier de Ginko, le diocèse de Bordeaux construit un lieu de culte : Notre-Dame du Lac. L’objectif est de se rendre présent à une population nouvelle et de développer une pastorale dans un nouveau quartier de la ville de Bordeaux.
       Hubert Herbreteau


    • Fête de la musique : A la découverte de la musique liturgique

      Pour la Fête de la musique célébrée ce 21 juin, nous vous proposons de découvrir le Département de musique liturgique du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle. Entretien avec Fabien Barxell, responsable du département de musique.

      Pouvez-vous nous présenter en quelques mots le Département de musique liturgique de la CEF ? Quel est son rôle ?
      Le département de musique de la Conférence des évêques de France a pour mission d’être l’interface entre les évêques, les éditeurs de musique liturgique, des associations, des groupes ou des personnes porteurs d’initiatives dans l’Église, la presse, les acteurs musicaux de la liturgie, les responsables diocésains de musique liturgique, les départements de musique des pays francophones. Il organise les Journées nationales de musique liturgique, et il est à la disposition des diocèses pour des formations particulières.
      Qu’est-ce que la musique liturgique ? Comment peut-on la définir ?
      La musique dite liturgique est celle qui sert la liturgie, elle-même organisée en rites. Dans un concert, la musique vit pour elle-même et elle est l’objet de toutes les attentions, de l’artiste interprète jusqu’aux auditeurs. Dans la liturgie, la musique répond avec ses moyens à un cahier des charges qui permet à l’assemblée de louer, de supplier et de dire la foi de l’Église.
      Pourquoi et comment les chants liturgiques sont-ils promus ?
      Le département de musique est un interlocuteur privilégié du monde de l’édition. Si l’Église n’édite pas elle-même, elle encourage et valide la création sans cesse renouvelée. Les chants déposés par les éditeurs au SECLI (Secrétariat des Éditeurs de Chants Liturgiques) sont examinés sous différents angles : les paroles et leur valeur théologique et poétique, la relation paroles-musique. Si ceux-ci sont pourvus des qualités attendues ils sont « cotés » pour la liturgie. C’est ainsi qu’une ou plusieurs lettres viennent situer l’utilisation liturgique et marque ainsi la validation de l’Église.
      Quel est le rôle des chorales dans la musique liturgique ?
      Les chorales liturgiques ont une double fonction : faciliter le chant de l’assemblée d’une part, faire entendre les pages de notre patrimoine historique d’autre part. Pour la première fonction, il est nécessaire que la chorale fasse vraiment partie de l’assemblée et résiste à la tentation de faire « bande à part » ! Cela suppose quelques contraintes bien assimilées : la position dans l’espace, le juste équilibre entre unisson (ce que chante l’assemblée) et polyphonie (ce qui est propre à la chorale). Cette fonction est admirable lorsqu’elle est réussie car elle peut offrir à l’assemblée un juste modèle qui donnera envie à tous de ne former qu’un seul chœur ! La seconde fonction est plutôt culturelle en offrant à écouter ce que l’assemblée ne peut accomplir par elle-même. Une écoute peut entraîner l’auditeur dans la prière qui est aussi participation active.
      Où pouvons-nous voir des représentations de musique liturgique pour la Fête de la musique ?
      Voilà une question difficile. Si les concerts de musique sacrée (Bach, Mozart, Mendelssohn, Poulenc, …) seront sans doute très nombreux ce jour de fête, il n’est pas courant de pouvoir entendre des concerts spirituels constitués de musique liturgique. Cette musique souffre d’une image souvent dévalorisante, comme si elle ne pouvait se faire entendre en dehors de son contexte naturel. Ce qui est sans doute exagéré. Les chefs de chœur et leurs choristes ont sans doute encore du chemin à faire pour aller chanter sur les parvis !


      sujet : liturgie, musique

    • Sortie du livre : « Tous utiles, tous acteurs »

      A l’occasion de la sortie du livre : « Tous utiles, tous acteurs », Monseigneur Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et Président du Conseil Famille et société aborde la question du chômage, du retour à l’emploi et apporte des pistes de réflexion pour un dialogue sur le travail, l’emploi et l’activité.

      Voilà plusieurs décennies que le chômage s’est imposé dans le paysage de nos sociétés, en France comme au niveau mondial. Ce qui peut être qualifié de fléau mine la cohésion sociale, plonge des personnes et des familles dans l’insécurité du lendemain, aggrave les situations de pauvreté et se pose comme un obstacle défiant toute politique de développement social.
      Il serait injuste de dire que les pouvoirs publics (État, collectivités territoriales …), les institutions sociales ou les associations n’ont rien tenté pour enrayer ce qui affecte durablement notre société. Même si nous ne parlons plus de « retour au plein emploi », nous continuons de penser et de travailler au « retour vers l’emploi ». Pourtant, force est de constater que l’inactivité plonge des millions de personnes dans un sentiment d’inutilité sociale et d’exclusion. La société ne peut se résigner à cette « culture du déchet » (Pape François).
      Prenant acte de la situation qui laisse une impression d’énorme gâchis social, le Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France, a voulu reprendre à frais nouveaux la question du chômage. Nous suivons en cela le style du pape François qui n’envisage jamais les réalités humaines à partir de la seule doctrine, du dogme ou des principes moraux, mais choisit délibérément de prêter d’abord attention à l’expérience concrète des personnes. « La réalité – nous dit-il – est plus que l’idée ».
      Dans ce document, vous ne trouverez pas de solutions techniques pour enrayer le chômage ; ce n’est pas le rôle de l’Église. Nous voulons surtout inviter à changer de regard et aborder la question de l’inactivité sociale selon un nouveau paradigme. Au-delà des courbes et des statistiques du chômage qui offrent une lisibilité quantitative, nous invitons à poser un regard qualitatif sur les réalités vécues par les femmes et les hommes durablement exclus de l’emploi, et singulièrement les jeunes et les seniors qui sont les plus marqués. C’est ainsi que, dans le fil du texte, nous laissons la parole à des personnes vivant cette expérience qui génère un sentiment d’inutilité et de mort sociale. Nous abordons ainsi la question du chômage avec le parti-pris de l’humain, osant questionner un système économique qui ne le place pas toujours au centre. Pour autant, il ne saurait être question d’en rester à la contestation ou à la seule indignation éthique face à ce qui demeure insupportable dans notre société visant la liberté, l’égalité et la fraternité.
      Nous voulons aider à mesurer les enjeux humains d’une action visant à enrayer l’aggravation d’un chômage de masse. Refusant l’indifférence et le fatalisme, nous voulons retrouver à partir de l’enseignement social de l’Église, la valeur humaine du travail afin d’offrir des perspectives concrètes conduisant à une société de pleine activité. Elles peuvent être indicatrices de voies possibles à approfondir ensemble. Les suggestions présentées dans le document visent à faire émerger une société plus juste et plus inclusive pour des millions de nos concitoyens condamnés à l’inutilité sociale alors qu’ils possèdent des talents inemployés.
      Comme les autres documents du Conseil Famille et Société, celui-ci veut offrir à nos concitoyens, catholiques ou non, responsables politiques, professionnels du social ou encore militants associatifs, des éléments de réflexion et de discernement en vue d’une action concertée sur des chemins nouveaux. C’est une contribution au débat pour la recherche d’une politique visant clairement l’insertion de caractère social. De nombreux besoins sociaux restent aujourd’hui sans réponse. Ils sont un véritable gisement d’activités multiples qui permettraient de solliciter des compétences inemployées. S’engager dans cette voie permettrait d’être « tous utiles, tous acteurs ».

      Quatrième de couverture du livre : « Tous utiles, tous acteurs »
      Le chômage de masse touche notre pays depuis des décennies,  nourrissant chez les personnes concernées un fort sentiment d’inutilité sociale. Au-delà de la dimension individuelle et familiale, c’est l’ensemble de la société qui pâtit de cette situation. Pour la société, la mise à l’écart de tant de personnes est une perte énorme de talents inemployés, d’opportunités manquées et de liens familiaux ou sociaux brisés. La cohésion sociale et le vivre ensemble s’en trouvent fragilisés. Nous ne pouvons-nous satisfaire de cette « culture du déchet ». Cette situation est d’autant plus paradoxale qu’il existe dans notre pays des besoins considérés comme essentiels qui ne sont pas satisfaits. Nous n’avons pas tout essayé. Des pistes de solutions existent qui requièrent la mobilisation de tous les acteurs pour construire une société de confiance et inclusive. C’est à cela que ce texte appelle.

      Les clefs de l’Église – « Tous utiles, tous acteurs » : rencontre avec Mgr Brunin


      sujet : chômage, emploi, livre, questions de société

    • 117 ordinations prévues pour l’année 2017

      Comme chaque année, à proximité de la fête des Saints Pierre et Paul, Apôtres (29 juin), des ordinations de prêtres diocésains et religieux ont eu ou auront lieu dans un bon nombre de diocèses. C’est la raison pour laquelle la Conférence des évêques de France choisit de communiquer les informations dont elle dispose à ce jour sur les ordinations pour l ‘année 2017.
      Pour cette année, 117 ordinations de prêtres sont prévues. Celles-ci se répartissent entre les 84 prêtres diocésains (et ceux issus de communautés nouvelles et sociétés de vie de apostolique) ; et les 33 prêtres venant de communautés religieuses.
      Cette année, plus des 2/3 seront ordonnés en juin (69) et la grande majorité les 24 et 25 juin 2017 (54).
      L’engagement des prêtres au service de la communauté ne peut être que le résultat d’un cheminement qui part de la découverte du Christ jusqu’à l’ordination presbytérale en passant par l’appel à la vocation. Ces ordinations nous rappellent la démarche du Synode des évêques engagée par le Pape François et qui se tiendra à Rome en octobre 2018 sur le thème de « La foi, les jeunes et le discernement vocationnel ».
      Ci-dessous vous trouverez un dossier spécial qui vous donnera les détails concernant les ordinations, la démarche synodale de 2018 et un éclairage sur la figure du prêtre diocésain.


      sujet : Communiqué de presse, ordination

    • Témoignages de prêtres diocésains

      Ce mois-ci, nous vous proposons de découvrir à travers divers témoignages la figure du prêtre diocésain en dressant leurs portraits à travers leurs vies, leurs espoirs ou leurs difficultés.

      Père André Delepoulle, 96 ans, vicaire épiscopal émérite pour la région Dunkerquoise. Vit en maison de retraite « Ma maison », les Petites sœurs des pauvres à Dunkerque.

      L’appel
      « J’ai le sentiment que le Seigneur m’appelait et que si je m’y refusais, je serais comme ce jeune homme de l’Évangile, parti tout triste parce qu’il se dérobait à l’appel du Seigneur. En interviewant tout un ensemble de séminaristes au gré de mes rencontres, j’étais frappé par l’extrême variété des déclics. Pour ma part, le déclic s’est déclenché lors d’une veillée de prières scoutes en montagne, où nos prières étaient très intenses, c’est à ce moment que le déclic s’est produit; quant au terreau, il a été fait pour moi de ma participation à des mouvements comme la JEC, le scoutisme et surtout j’ai reçu une forte éducation religieuse très ouverte grâce à ma famille, et un prêtre de mon collège. Mon entourage était très fortement surpris de ma décision de rentrer au séminaire au point que la mère d’un de mes amis à qui je faisais part de cette nouvelle m’a adressé un vif reproche croyant qu’il s’agissait d’une plaisanterie de ma part, qu’elle trouvait déplacée. »
       Le séminaire
      « Ayant choisi par prudence de commencer le séminaire immédiatement après le bac pour asseoir, consolider une vocation naissante, encore fragile, au lieu de m’investir dans des études, je me suis imposé une coupure importante après mes deux premières années de séminaire. Cette coupure de trois ans dont une année chez « Chantier de jeunesse » et deux années dans l’armée française où je devais, au milieu des jeunes de ma génération, contribuer à libérer notre pays. Ces trois années ont une grande importance par rapport à ma vocation. »
      Son parcours
      « J’ai été ordonné prêtre en 1947, en la Cathédrale Notre-Dame de Paris. De 1947 à 1952, j’ai été vicaire dans la cité de baraquement des Glacis (Dunkerque) – quartier qui n’était pas une paroisse mais doté d’un chapelain, aidé par le vicaire (moi-même). Dans ma vie de prêtre, cette responsabilité sacerdotale au milieu des baraquins tous sinistrés, aux maisons détruites, revenant de l’exode qui leur avait été imposée du fait de la guerre, a eu une importance considérable dans ma vie de prêtre, qui me marque encore aujourd’hui. De 1952 à 1954, j’étais aumônier fédéral puis diocésain de la Jeunesse Ouvrière catholique (JOC) à Lille. De 1962 à 1992, j’ai été nommé curé de la paroisse Saint Martin, Doyen de Dunkerque centre et Archiprêtre. C’est le nom de l’époque, pour l’ensemble du Dunkerquois. Depuis 1992, je suis prêtre ainé, chargé de quelques missions. »
      Le rôle du prêtre
      « Le rôle du prêtre est très bien défini dans un texte très beau du Concile Vatican II. « Les joies, les espoirs des hommes de ce temps, leurs tristesses, leurs angoisses, sont les joies, les espoirs, les tristesses, les angoisses des disciples du Christ et il n’y a rien de vraiment humain qu’il leur soit étranger. »
      Le quotidien
      « Le quotidien d’un prêtre est très divers. Dire « très divers » n’est pas suffisant. Il est fait d’un ciel constellé de très nombreuses étoiles. A nous de le gérer au mieux, compte tenu des priorités qui nous sont données, compte tenu de notre santé et du temps à laisser à la prière. »
      Les obligations
      « Je pensais déjà à l’époque, qu’à côté des prêtres liés par le vœu de chasteté, il devait y avoir des hommes mariés dont le couple a fait preuve de solidité.Il faut assurer au peuple de Dieu la nourriture spirituelle, que L’Église se doit de leur procurer en tant que baptisés. Tandis que les prêtres liés par le célibat se donnent corps et âme comme missionnaires. »
      Les liens avec l’évêque
      « J’ai eu des liens très forts avec les évêques, vu les responsabilités reçues, en particulier avec le Cardinal Liénart qui m’avait demandé lors de la grande crise des prêtres ouvriers, d’accompagner ceux d’entre eux qui appartenaient au diocèse de Lille. »
      Le cœur de la mission
      « Le don pastoral que j’ai reçu me semble être la très grande facilité de contact avec les personnes, qu’elles soient proches de l’Eglise ou éloignée d’elle. C’est ainsi qu’à deux reprises, lors de funérailles civiles d’hommes politiques, de deux maires, j’ai été amené à parler au cimetière et j’essayais de le faire comme prêtre, tout en m’efforçant de respecter les convictions de chacun. »
      La solitude du prêtre
      « Concernant la solitude, j’ai très peu ressenti la solitude à l’époque du ministère actif. Par contre elle menace au moment du statut de prêtre aîné. »
      Les prêtres émérites
      « J’aime le mot « Prêtre ainé » et je déteste le mot « Prêtre en retraite ». Prêtre avec des responsabilités allégées, oui ! Prêtre en retraite, non ! Je pense que l’Église ne fait pas suffisamment appel à ceux d’entre eux qui sont volontaires et désireux de continuer à travailler à la mesure de leurs santés et de leurs aptitudes. Il y a maintenant des avancées dont je me réjouis avec d’autres d’ailleurs. Par exemple, le code de droit canonique offre des possibilités dans le cadre de nominations d’administrateurs. Ces possibilités sont de plus en plus utilisées, ces nominations éviteraient certaines souffrances et surtout la perte de reste d’énergies sacerdotales, encore très utiles pour le peuple de Dieu et le monde. »
      Son regard sur ses années de sacerdoce
      «Je porte un regard passionnant sur mes années de sacerdoce. Des amitiés avec d’autres prêtres dans le travail en commun. La rencontre avec des chrétiens engagés, ayant une foi merveilleuse, des conversions, des retours, opérés par la grâce du Seigneur. La générosité de certains apôtres, militants, etc…»

      Comment avez-vous eu l’idée de créer la chapelle conteneur Saint-André-des-Marins ?
      « A Dunkerque, à côté du vieux port de Dunkerque ouest, le nouveau Port immense a été crée à 15 km, accessible aux plus grands navires auxquels il fallait donner, selon les mots de Bergson : « une supplément d’âme à ce corps qui avait si rapidement beaucoup grandi ». J’avais rêvé d’un espace de silence, de prières pour ceux qui le voulaient, au sein du foyer du marin, crée pour accueillir ces derniers lors de leurs escales beaucoup trop courtes. Il n’a pas été possible d’envisager ce projet au sein-même du foyer. Alors nous avons envisagé de placer non loin un lieu, un espace ouvert à tous, avec la présence eucharistique et la possibilité d’y célébrer la messe, en particulier pour nombreux marins philippins très pratiquants et pour les nombreux chauffeurs de camions polonais, très pratiquants eux aussi. Mais il fallait que cette chapelle puisse être déplacée pour permettre une extension éventuelle du port maritime. D’où l’appel à des conteneurs facilitant cette mobilité. Et en même temps, constituant un symbole très fort dans ce lieu où les conteneurs sont manipulés à longueur de journée.Un ami qui avait bénéficié comme aviateur des chapelles au cœur des aéroports, a tenu à financer ce projet qui a vu le jour grâce à lui. »

      Père François Triquet, 33 ans, vicaire à Cambrai sur deux paroisses.

      L’appel
      « La première fois où je me suis posé la question d’être prêtre, je participais à un rassemblement de scouts. À la messe, plusieurs séminaristes s’apprêtaient à devenir prêtre. Je n’en avais jamais rencontré. Devenir prêtre ne fut pas une révélation mais une réflexion car j’étais en terminale. Au début, la vocation était une possibilité comme tant d’autres. Mais un pèlerinage à Lourdes à la fin de ma première année d’étude m’a fait prendre conscience que je voulais devenir prêtre. Le dernier jour, en priant dans la grotte, j’ai eu la certitude que le Seigneur m’appelait à lui donner ma vie. Quand je suis rentré, j’en ai parlé à un prêtre qui m’a répondu qu’il me restait encore deux années d’études et qu’il fallait prendre le temps de discerner ensemble. Au bout de deux années d’études, quand j’ai obtenu mon diplôme, je suis allé voir mon évêque car je me sentais prêt et il m’a envoyé au séminaire de Lille. »
      L’engagement
      « J’ai reçu une éducation chrétienne. J’allais à la messe avec mes parents, j’étais servant d’autel, et scout. Quand j’ai annoncé à mes parents mon souhait de devenir séminariste, ils ne l’ont pas accepté. Je me suis alors demandé si c’était vraiment ce que le Seigneur voulait. Un prêtre m’a précisé : « Il t’a fallu trois ans pour discerner, tu ne peux pas leur laisser moins de trois ans. Effectivement, trois ans après, ce fut un grand changement. Aujourd’hui, ils sont très heureux. Les parents ont également un chemin de discernement dans ce parcours de vocation. »
      Les prérogatives d’un ministère
      « Quand je me suis posé la question de devenir prêtre, je ne connaissais pas les prérogatives d’un ministère. Je l’ai découvert au fur et à mesure et cela a fait partie de mon discernement. Le Seigneur m’a appelé à lui donner toute ma vie entièrement. Pour moi, la question du célibat n’a pas été vu comme une difficulté mais comme un appel à consacrer toute ma vie. »
      Sa nomination
      « Je suis en poste depuis septembre 2012, j’ai été ordonné le 13 mai 2012 à Cambrai par Monseigneur Garnier. Je suis en ville, pas sur un immense territoire comme certains prêtres peuvent l’être. C’est de la petite ville. C’est mon premier poste, je suis sur deux paroisses à la fois. L’année prochaine, je vais reprendre des études à l’Institut catholique de Paris à la demande de mon évêque. C’est une preuve de confiance de sa part aussi de me demander de suivre cette formation. »
      Le rôle du prêtre
      « Comme ministre du sacrement, le prêtre est donné à la communauté dans laquelle il est envoyé pour la faire vivre par les sacrements. Mais il est aussi là pour éveiller ou réveiller la situation des baptisés. C’est l’un des enjeux aujourd’hui, celui de faire prendre conscience à chaque baptisé qu’il est par son baptême disciple missionnaire et qu’il doit vivre sa vocation au sacerdoce baptismal. Aujourd’hui, les baptisés doivent prendre conscience qu’ils ont un rôle à jouer dans l’Eglise, dans la paroisse pour l’annonce de l’Evangile et qui n’est pas propre de la mission des prêtres. »
      « La crise des vocations »
      « Je n’aime pas le terme de « crise des vocations ». Certes, nous sommes moins nombreux mais je suis convaincu que le Seigneur appelle encore. Etant donné qu’il y a beaucoup moins de baptisés, de confirmés et d’engagés dans leur foi, il y en a automatiquement moins d’appelés au sacerdoce et à la vie consacrée. »
      Son quotidien
      « J’ai la chance de vivre en fraternité avec un autre prêtre. Tous les matins, Nous nous retrouvons pour le petit-déjeuner suivi d’un temps d’adoration et des Laudes avant de célébrer l’Eucharistie avec la paroisse à 8h30. À partir de 9h commence ma vie différente chaque jour. Mon quotidien, c’est la pastorale ordinaire : ça peut être de la rencontre avec des élèves dans une école primaire, dans des collèges et lycées, de la célébration de funérailles, de l’accompagnement de personnes ou la préparation au mariage… Par ailleurs, ce qui est important pour moi et même vital dans mon ministère est une pause mensuelle de 24h dans un Foyer de Charité pour m’arrêter, me poser auprès d’une communauté et de prier pour me recentrer sur le Christ. »
      Son regard sur les autres religions, athées, agnostiques…
      « j’essaye d’adopter une démarche bienveillante envers eux, de l’accueillir comme un frère. J’écoute ce qu’ils ont à dire. Quand il y a des remarques provocantes, je les entends. Une fois que les remarques provocantes sont dites, on peut rentrer dans un dialogue. Déjà, quand il y a de la provocation, il faut laisser la personne s’exprimer. Par exemple, la semaine dernière, il y avait des jeunes assis sur les marches de l’Eglise. Certains étaient rentrés pour se mettre à l’abri dans le porche. Je suis allé les voir, je leur ai expliqué que c’était un lieu de prières et un lieu d’église. J’ai laissé le jeune s’exprimer. Il me disait qu’il ne savait pas prier. J’étais dans la bienveillance de l’accueillir. Parfois et notamment chez les plus jeunes, ils ont une méconnaissance de la foi et une fausse image. Je témoigne alors de comment j’ai pu rencontrer le Seigneur. Ils étaient réceptifs. J’ai simplement pris du temps de leur parler. Il n’y a eu aucun affront. »
      Les liens avec l’évêque
      « Comme c’est le lieu du siège épiscopal (Cambrai), j’ai l’occasion de le croiser régulièrement par rapport à certains autres prêtres. Pour la radio RCF, j’assure toutes les trois semaines un entretien avec l’évêque. Mais il est aussi très disponible si j’ai quelque chose à lui demander. En lui envoyant un email ou en l’appelant. »
      Son regard sur le sacerdoce
      « Je porte un regard de joie sur cinq années de sacerdoce. La joie dans les rencontres, les diversités et les activités. Et en même temps, une action de grâce. Cinq ans, ça peut paraitre très court mais en même temps, on réalise plein de choses. Je n’aurais jamais cru être capable de faire tout cela en rentrant au séminaire. »


      sujet : ordination, sacerdotale

    • « Le prêtre diocésain, un prêtre tout terrain »

      De nombreux prêtres diocésains seront ordonnés comme chaque année en juin et juillet. Le séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux, est un institut de formation qui accueille en 2017 : 42 jeunes hommes issus de neuf diocèses. Depuis un an, le Père Emmanuel Goulard, Supérieur du séminaire encadre les séminaristes. À quelques jours de la fin de l’année sacerdotale, il nous livre sa vision du prêtre diocésain.

      « Ce fut une grande joie d’encadrer les séminaristes. Le terme « séminaire » est lié au mot « semence ». Le séminaire est un lieu de croissance qu’il faut arroser, bêcher et tailler. » C’est par ces mots que le Père Emmanuel Goulard, Supérieur du séminaire Saint-Sulpice résume l’année écoulée.
      Depuis un an, le séminaire Saint-Sulpice a un nouveau Supérieur. Le Père Emmanuel Goulard, 44 ans, a succédé en septembre 2016 à Monseigneur Didier Berthet, nommé évêque de Saint-Dié. Jusqu’alors il était prêtre dans le diocèse d’Albi et supérieur du Séminaire GFU (Groupe de Formation Universitaire). Un parcours qui permet aux étudiants de poursuivre leurs études universitaires d’état tout en effectuant le premier cycle de la formation sacerdotale (études de philosophie), en week-ends mensuels et sessions d’été. En cette fin d’année sacerdotale, 84 prêtres diocésains et 33 prêtres religieux seront ordonnés en 2017. Une nouvelle vie commence pour ces prêtres diocésains, à l’issue d’un parcours qui, souvent a été parsemé d’épreuves et de difficultés.
      Six ans de formation
      Après une année en propédeutique, les séminaristes vivent leur formation sur six ans. Le séminaire d’Issy-les-Moulineaux dispose d’une formation intégrale qui se décline en quatre dimensions : une formation humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale de deux ans années de philosophie et de quatre années de théologie avec l’ordination diaconale puis l’ordination sacerdotale. Le séminaire d’Issy-les-Moulineaux compte 42 séminaristes pour l’année 2016-2017 incluant quelques séminaristes étrangers – originaires d’Afrique, d’Asie, d’Europe ou d’Amérique latine – qui présents pour un temps de mission en France retournent ensuite dans leur pays respectif.
      « Un prêtre tout terrain »
      « Le prêtre est aujourd’hui tout terrain », explique le Père Goulard. Polyvalent, « il accueille une grande variété de personnes, à la fois les pratiquants lors des préparations, et aussi des personnes non croyantes par les différentes célébrations. » Le cœur de mission du prêtre se caractérise aussi par une grande variété d’activités : des célébrations, la transmission de la foi, l’animation d’une communauté paroissiale en passant par des obligations administratives. Le prêtre est également présent au quotidien dans la durée. « Il reste en moyenne six années dans sa paroisse. Ce qui lui permet d’avancer dans l’échange avec les paroissiens. »
      Le Père Emanuel Goulard pense aussi qu’il faut aider les communautés paroissiales à aller au-devant des fidèles. « Comme le souligne le Pape François, il faut aider la communauté à rejoindre ceux qui ne viennent pas frapper à la porte. Être missionnaire ne veut pas dire imposer les choses. C’est une évolution du ministère diocésain. On sent bien que l’Église a besoin de rejoindre les périphéries et de se préoccuper de ceux qui ne sont pas en contact. »
      Apprendre la dimension ecclésiale
      Au fur et à mesure de la formation, les séminaristes apprennent à intégrer la dimension ecclésiale. L‘objectif est qu’ils se sentent prêts à la fin de leur cursus. « Ils apprennent à remettre leurs désirs entre les mains de l’Eglise. Pour eux, ce ministère est comme une vocation, un appel. D’ailleurs, quand j’accueille les nouveaux, il est intéressant d’entendre leur parcours et de voir comment ils deviennent prêtres parfois sur le tard et comment ils arrêtent leur profession pour entrer en année propédeutique. » Avant de choisir le sacerdoce, une partie des séminaristes ont déjà eu un parcours universitaire et une expérience professionnelle. Quelques-uns d’entre eux entrent à l’âge de 18 ou 19 ans mais l’âge médian des séminaristes sur les six années de formation est de 30 ans. Ces séminaristes ont en commun d’avoir « acquis des compétences et des connaissances professionnelles, avec parfois à la clé des chemins de conversion ou de redécouverte de la foi. »
      Le temps de séminaire sert à forger le discernement. Un quart des séminaristes arrête après une ou deux années de formation spirituelle. « C’est parce qu’ils ont discerné qu’ils ne sont pas appelés à cette vocation », souligne le Père. La maturation du discernement de la vocation est une étape incontournable. « Assumer un ministère est quelque chose d’assez exigeant et éprouvant. Il nous faut des séminaristes qui présentent un bon équilibre humain pour s’insérer dans la vie diocésaine. »
      Ce chemin est parfois semé de doutes ou d’illusions. « La décision n’est pas toujours facile, la durée de l’engagement ou la situation de l’Église peut faire peur », reconnait le Père. « Aujourd’hui, on voit bien que décider est de plus en plus difficile. On a parfois besoin d’un peu plus du temps pour que les maturités humaines et spirituelles se mettent en place. » Et en cas de doute ? « On cherche à l’éclaircir. » L’important est que les séminaristes arrivent avec des décisions personnelles et surtout une décision mature. Car dans le contexte d’aujourd’hui : « Il existe une grande variété de choix de vie. Il faut une forte foi et une générosité pour devenir prêtre. Il faut accompagner ces candidats, jeunes et moins jeunes vers un choix de vie. Car ils apportent beaucoup de bien à l’Eglise et au monde. »
      L’insertion dans la vie diocésaine
      La vie diocésaine, justement, ils s’y sont préparés en amont. À Issy-les-Moulineaux, dès le début de leur formation, les séminaristes sont envoyés en paroisse le week-end pour 36 ou 48 heures. « Ce va-et-vient entre les études et l’ancrage diocésain est nécessaire pour la fidélité des études. Ça les aide dans leur discernement et dans leur choix. Ils rentrent dans le vif du sujet et ils perdent leurs illusions. »
      Plus ils avancent dans la formation, plus l’insertion dans le diocèse est importante. « Dès leur année de théologie, du vendredi après-midi jusqu’au dimanche soir, ils sont en paroisse. Quand ils sont diacres, ils sont 4 jours par semaine en paroisse. » Ils sont envoyés dans leur diocèse d’incardination c’est-à-dire les diocèses de la région parisienne : Nanterre, Saint-Denis, Évry, Créteil et Pontoise ainsi que dans les diocèses d’Evreux, Rouen, Beauvais ou Amiens. Ainsi, au terme de ces six années de formation et de discernement, les jeunes prêtres s’engagent totalement pour servir leur diocèse.

      En quelques chiffres
      862 séminaristes en France en 2017.
      42 séminaristes à Issy-les-Moulineaux – 6 d’entre eux seront ordonnés prêtres et 9 seront ordonnés diacres.


      sujet : ordination, sacerdotale

    • Commentaires du dimanche 25 juin

      Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
      dimanche 25 juin 2017
      12éme dimanche du Temps Ordinaire

      1ère lecture
      Psaume
      2ème lecture
      Evangile

      PREMIERE LECTURE – Livre du prophète Jérémie 20,10-13
      Moi Jérémie,
      10 j’entends les calomnies de la foule :
      « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer,
      celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. »
      Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent :
      « Peut-être se laissera-t-il séduire…
      Nous réussirons,
      et nous prendrons sur lui notre revanche ! »
      11 Mais le SEIGNEUR est avec moi, tel un guerrier redoutable :
      mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
      Leur défaite les couvrira de honte,
      d’une confusion éternelle, inoubliable.
      12 SEIGNEUR de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste,
      toi qui vois les reins et les cœurs,
      fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
      car c’est à toi que j’ai remis ma cause.
      13 Chantez le SEIGNEUR, louez le SEIGNEUR :
      il a délivré le malheureux de la main des méchants.

      Ce passage fait partie de ce qu’on appelle les « Confessions de Jérémie », on pourrait dire les « Confidences de Jérémie » ; là il dévoile le plus intime de lui-même : et les quelques lignes d’aujourd’hui nous résument bien ses sentiments ; sa vie est un continuel paradoxe : ce qui fait sa joie la plus profonde, sa raison de vivre, son assurance… est aussi la source de toutes ses souffrances ; c’est la Parole de Dieu. Elle n’est pas nommée ici mais elle est sous-entendue. C’est parce qu’il proclame la Parole de Dieu « à temps et à contre-temps » (comme dit Saint Paul) qu’il est persécuté ; mais c’est cette même Parole qui lui donne la force de continuer.
      On dit souvent que « Nul n’est prophète en son pays », cela s’applique parfaitement à Jérémie. Il a été un très grand prophète mais c’est seulement après sa mort qu’on s’en est aperçu. De son vivant, sa parole était trop dérangeante. Il précise lui-même très exactement la date de sa prédication : « De la treizième année du règne de Josias jusqu’à la déportation de Jérusalem », ce qui veut dire de 627 à 587 avant J.C. Quarante années, au cours desquelles il a vu se succéder plusieurs rois à Jérusalem : mais bien peu l’ont écouté.
      Que lui reprochait-on ? Simplement d’avoir le courage de dire la vérité. Et la vérité n’était pas brillante : du haut en bas de l’échelle sociale, les infidélités à l’Alliance se multipliaient dans tous les domaines. Voici un exemple de sa prédication : « Tous sont des adultères, un ramassis de traîtres (9,1)… Tous, petits et grands, sont âpres au gain ; tous, prophètes et prêtres ont une conduite fausse. » (8, 10). Traduisez : la corruption et l’amour de l’argent ont gangrené toute la société ; la religion n’est plus que de façade.
      Comme on peut s’y attendre, ce genre de rappels à l’ordre n’est pas du goût de tout le monde. D’autant plus qu’il sait être cinglant : « Une panthère peut-elle de pelage ? Et les Judéens habitués à faire le mal, pourraient-ils faire le bien ? » (Jr 13, 23). Où l’on voit qu’il a le sens des formules. Il passe donc une bonne partie de sa vie à hurler, provoquer, injurier. Il fait aussi quelquefois des choses étranges pour alerter le roi, la cour, les prêtres, tous les responsables qui entraînent le peuple vers sa ruine.
      Sur le plan politique, il essaie d’ouvrir les yeux de ses compatriotes et ose prédire ce qui est l’évidence, à savoir que Nabuchodonosor ne fera bientôt qu’une bouchée de la ville de Jérusalem. Et, pour se faire comprendre, il accomplit un geste spectaculaire : il casse en public une cruche toute neuve sortant de la main du potier pour annoncer le sort qui attend Jérusalem : elle va être réduite en miettes (Jr 19, 1-11).
      Mais, au lieu de l’écouter, on l’accuse de complot avec l’ennemi : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, on le sait bien.
      En lisant le livre de Jérémie, on pense inévitablement à cette phrase du psaume 68/69 : « Le zèle de ta maison me dévorera » (que Saint Jean a citée bien plus tard à propos de Jésus) ; elle résume tout-à-fait bien la vie de Jérémie ; mais rien 
ni personne n’a pu le détourner de sa mission. On peut se demander quel fut son secret : la conscience d’être en mission, tout simplement. Et les croyants savent que Dieu leur donnera toujours les forces nécessaires à l’accomplissement de leur mission. Il suffit d’aller à la source.
      Le deuxième secret est là : Jérémie se savait trop petit pour la tâche, et ne cherchait donc pas ses forces en lui-même, mais en Dieu. « C’est lorsque je suis faible que je suis fort » disait Paul : c’est-à-dire « lorsque j’expérimente et reconnais ma propre faiblesse, je vais chercher la force où elle se trouve, c’est-à-dire en Dieu ». De fait, Jérémie a expérimenté la présence de Dieu au cœur de toutes ses épreuves : « Je suis avec toi pour te délivrer », lui avait-il promis, au jour de sa vocation (Jr 1,19).
      Reste cette prière étonnante du prophète : « SEIGNEUR, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. » Cela m’inspire trois remarques : premièrement, le désir de revanche est bien humain et le prophète reste un homme comme les autres ; sa mission particulière ne le rend pas insensible ou surhumain. Deuxièmement, il ne cherche pas à prendre sa revanche lui-même, il s’en décharge sur Dieu ; c’est déjà un progrès par rapport à la vengeance directe. L’idéal du pardon de toutes les offenses sans condition n’est apparu que plus tard en Israël, dans la prédication du deuxième Isaïe. Troisièmement, au-delà d’une revanche personnelle, ce qu’il appelle de tous ses vœux, c’est le triomphe de la vérité. Comme tout vrai prophète, il sait déjà que l’amour de Dieu sera plus fort que tout, et parviendra un jour à supprimer tout mal de la terre. C’est cela qu’il appelle la « revanche » de Dieu, le triomphe éternel de Dieu sur les forces du mal.

      PSAUME – 68 (69)
      8 C’est pour toi que j’endure l’insulte,
      que la honte me couvre le visage :
      9 je suis un étranger pour mes frères,
      un inconnu pour les fils de ma mère.
      10 L’amour de ta maison m’a perdu ;
      on t’insulte et l’insulte retombe sur moi
      14 Et moi je te prie, SEIGNEUR :
      c’est l’heure de ta grâce :
      dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
      par ta vérité sauve-moi,
      toi qui peux vraiment me sauver.
      17 Réponds-moi, SEIGNEUR,
      car il est bon ton amour ;
      dans ta grande tendresse, regarde-moi.
      33 Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
      « Vie et joie à vous qui cherchez Dieu ! »
      34 Car le SEIGNEUR écoute les humbles,
      il n’oublie pas les siens emprisonnés.
      35 Que le ciel et la terre le célèbrent,
      les mers et tout leur peuplement !

      C’est bien parce que le psalmiste est convaincu de cette dernière phrase : « Le SEIGNEUR écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés » qu’il ose dire tout ce qui précède. Car ce psaume est justement le cri de détresse d’un malheureux, d’un humilié, peut-être d’un emprisonné. Apparemment, il s’agit d’un croyant persécuté pour sa foi, puisqu’il dit : « C’est pour toi (sous-entendu toi-Dieu) que j’endure l’insulte et que la honte me couvre le visage : l’amour de ta maison m’a perdu ; on t’insulte et l’insulte retombe sur moi ».
      La persécution est malheureusement une situation bien connue en Israël : d’une part, les prophètes ont tous été persécutés au sein même de leur peuple : ce fut le cas avec Jérémie (nous l’entendons dans la première lecture de ce dimanche), et on en dirait autant de tous les autres. D’autre part, et surtout, le peuple lui-même a été persécuté par les autres peuples. Si on y réfléchit, il n’est pas étonnant que le peuple choisi par Dieu pour être son prophète subisse le même sort que les prophètes individuels.
      Mais pourquoi un prophète ne meurt-il presque jamais dans son lit ? Pourquoi faut-il qu’il subisse la honte et les insultes ? De la même manière Jésus dira : « Il fallait que le Fils de l’homme souffrît… » Pourquoi est-ce inévitable ? On peut dire qu’un prophète est un peu l’interprète de Dieu, on dit qu’il est la « bouche de Dieu » puisqu’il proclame sa Parole. Or on sait bien que « nos pensées ne sont pas les pensées de Dieu et que ses chemins ne sont pas nos chemins », et qu’il y a la même distance entre nos pensées et celles de Dieu qu’entre la terre et le ciel ! comme dit Isaïe (Is 55, 8 -9). Si donc le prophète se fait l’écho fidèle des pensées de Dieu, il est sans cesse en contradiction avec à peu près tout le monde ; il est condamné à être sans cesse à contre-courant. Sa parole, parfois sa simple présence est un appel à la justice, à la sainteté (c’est-à-dire concrètement l’amour des frères), au partage, toutes choses dont nous n’avons guère envie. Ecouter de belles paroles, c’est facile, mais les prophètes ne se contentent pas de dire de belles paroles, ils appellent à changer de vie, ce qui est autrement plus dérangeant. La prédication des véritables prophètes ressemble à un projecteur braqué sur les recoins de notre vie et tout spécialement sur notre attitude envers les autres. Dans bien des cas, nous préférons éteindre la lumière.
      Par moments, cette hostilité submerge le prophète : Moïse a eu ses moments de découragement ; Elie a supplié de mourir ; Jérémie a regretté d’être né ; voici quelques lignes de lui qui éclairent la première lecture de ce dimanche : « Maudit, le jour où je fus enfanté ! Le jour où ma mère m’enfanta, qu’il ne devienne pas béni ! Maudit l’homme qui annonça à mon père : ‘Un fils t’est né !’… Et pourquoi Dieu ne m’a-t-il pas fait mourir dès le sein ? Ma mère serait devenue ma tombe, sa grossesse n’arrivant jamais à terme. Pourquoi suis-je donc sorti du sein, pour connaître peine et affliction, pour être chaque jour miné par la honte ? » (Au passage, on ne peut que remarquer la parenté de ce texte avec le livre de Job ; ce qui n’a rien d’étonnant puisque le personnage de Job représente le peuple d’Israël dans ses moments de détresse).
      Je reviens à notre psaume : celui qui parle se compare à un noyé qui est en train de perdre pied : il n’a plus la force de remonter ; je vous lis les premiers versets qui ne font pas partie de la liturgie de ce jour : « Sauve-moi, mon Dieu : les eaux montent jusqu’à ma gorge ! J’enfonce dans la vase du gouffre, rien qui me retienne ; je descends dans l’abîme des eaux ; le flot m’engloutit ». (Là on croit entendre les paroles de Jonas).
      Mais même au fond du gouffre, un vrai prophète ne perd pas confiance : la Parole qui lui cause tant de malheurs est en même temps son soutien ; et notre psaume, après toute une série de lamentations se transforme en prière pour se terminer en action de grâce, déjà, car il est sûr, malgré tout, d’être exaucé. Commençons par la prière : « Et moi, je te supplie, SEIGNEUR, c’est l’heure de ta grâce… Tire-moi de la boue, sinon je m’enfonce : que j’échappe à ceux qui me haïssent, à l’abîme des eaux. Que les flots ne me submergent pas, que le gouffre ne m’avale, que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi ». Là on croirait entendre Jérémie en personne, lui qui a été jeté un jour dans un puits pour avoir tenu sur le Temple des propos qui n’ont pas plu : il a osé dire « cette Maison sur laquelle le Nom de Dieu a été proclamé, vous la prenez pour une caverne de bandits ».
      Entre parenthèses, Jésus a tenu à son tour à peu près les mêmes propos en chassant les vendeurs du Temple et quand Saint Jean raconte cet épisode, il cite justement une phrase de notre psaume d’aujourd’hui : « Le zèle de ta maison me dévorera. » (Jn 2, 17).
      Enfin ce psaume se termine par une prière d’action de grâce : c’est une donnée permanente de la prière juive que la supplication et l’action de grâce soient toujours étroitement mêlées. Ici, le psalmiste chante déjà victoire : non seulement lui-même sera sauvé, mais le peuple entendra enfin la voix de son Dieu et le bonheur pour tous pourra s’installer : « Je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce. Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »

      DEUXIEME LECTURE – Lettre de saint Paul aux Romains 5, 12 – 15
      Frères,
      12 nous savons que par un seul homme,
      le péché est entré dans le monde,
      et que par le péché est venue la mort ;
      et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,
      étant donné que tous ont péché.
      13 Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde,
      mais le péché ne peut être imputé à personne
      tant qu’il n’y a pas de loi.
      14 Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse,
      la mort a établi son règne,
      même sur ceux qui n’avaient pas péché
      par une transgression semblable à celle d’Adam.
      Or, Adam préfigure celui qui devait venir.
      15 Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute.
      En effet, si la mort a frappé la multitude
      par la faute d’un seul,
      combien plus la grâce de Dieu
      s’est-elle répandue en abondance sur la multitude,
      cette grâce qui est donnée en un seul homme,
      Jésus Christ.

      Paul aborde ici un thème sur lequel il revient souvent : c’est la comparaison entre Adam et Jésus-Christ. Et s’il les compare, c’est pour les opposer. Ce faisant, il n’oppose pas deux individus, mais deux types de comportement. Car Paul ne lit pas le récit de la Genèse comme un récit historique du passé, mais comme une méditation sur la situation humaine de tous les temps ; une méditation sous forme d’image, une sorte de parabole. Le comportement à la manière d’Adam conduit à la mort spirituelle ; le comportement à la manière de Jésus-Christ nous conduit à la vie. Précisons tout de suite que chez Saint Paul, comme dans le livre de la Genèse, il s’agit bien de vie et de mort spirituelles, et non pas de vie et de mort biologiques ; quand Saint Paul dit « par le péché est venue la mort », il parle de la mort spirituelle ; la mort biologique au terme d’une existence bien remplie ne posait pas de problème aux hommes de la Bible, elle leur paraissait normale.
      Je reviens à Adam et Jésus-Christ ; entre ces deux comportements, où est la différence ? Le projet de Dieu, lui, ne change pas ; d’après le livre de la Genèse, Dieu a commandé à l’homme : « Remplissez la terre et Dominez-la. » Le programme est tracé. Donc, quand l’humanité a des rêves fous de puissance, de bonheur, de maîtrise de l’univers, elle ne fait là que répondre à sa vocation ; si Dieu a insufflé ces aspirations en nous, c’est pour les combler ; seulement voilà, lui seul peut le faire.
      Le livre de la Genèse, encore, le dit par une image : « Le SEIGNEUR Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie et l’homme devint un être vivant. » (Gn 2, 7). Vivant non pas seulement au sens biologique, mais vivant de la vie de Dieu : car je note que les animaux qui sont bien vivants, pourtant, n’ont pas en eux ce souffle de Dieu. Voilà le projet de Dieu : faire vivre les hommes de sa vie. Manière de dire que l’homme n’est « un être vivant », pour reprendre l’expression même de la Genèse, que tant qu’il reste suspendu au souffle de Dieu ; cette relation est donc vitale pour nous. Et c’est en vivant de la vie même de Dieu que l’humanité accède peu à peu au destin magnifique prévu pour elle. Quand le serpent tentateur suggère à la femme qu’elle et son mari pourraient « devenir comme des dieux », il ne fait que dire le vrai projet de Dieu. Souhaiter « devenir comme des dieux », ce n’est pas mal en soi : encore une fois, ce désir d’infini qui habite le coeur de l’homme est sain.
      Là où le serpent trompe l’homme et la femme, c’est en leur faisant croire qu’ils vont y arriver par leurs propres forces, en désobéissant à Dieu, en chipant le fruit de l’arbre interdit. L’image du texte de la Genèse est très suggestive ; car, en désobéissant à Dieu, l’homme et la femme se détournent de lui et donc coupent eux-mêmes le lien vital qui les rattachait à lui. Désormais, privés du souffle vital de Dieu, ils ne seront plus des vivants spirituellement.
      Adam, c’est l’humanité qui cherche sa vie ailleurs qu’en Dieu : évidemment, c’est faire fausse route ! Au lieu de faire confiance à Dieu, l’homme se comporte comme un voleur, il cherche à saisir comme une proie les attributs de Dieu, mais ce faisant, il coupe lui-même la relation vitale qui le rattache à Dieu. C’est de cela qu’il est question quand on parle de « péché mortel » ou de « péché originel qui a entraîné la mort ».
      A cette attitude folle, Paul oppose celle du Christ ; comme il le dit dans la lettre aux Philippiens : « Lui qui est de condition divine, n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu ». L’amour de son Père, Jésus le reçoit ; ou, pour le dire autrement, il n’est que accueil pour l’amour du Père, il baigne dedans, si l’on peut dire, et c’est pour cela qu’on dit qu’il est sans péché. Comme dit Saint Jean « il est plein de grâce et de vérité ». Et, grâce à lui, les Adam que nous sommes, nous pouvons être réintégrés dans l’amour du Père : nous retrouvons là, une fois de plus, ce mystère du Christ, l’Homme-Dieu, pleinement homme, pleinement Dieu. En lui, la relation d’amour est tissée entre Dieu et l’humanité. Il est à la fois Dieu qui attire l’humanité à lui (« Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi »)… et en même temps l’Homme (au sens de l’Humanité) qui se laisse combler par Dieu.
      Voilà donc les deux comportements que Paul oppose : ou bien nous acceptons de vivre suspendus au souffle de Dieu, et nous accueillons de lui la relation qui nous fait vivre et grandir spirituellement ; c’est la manière de Jésus-Christ ; ou bien nous voulons chercher notre bonheur en dehors de lui, (c’est ce que Paul appelle la manière d’Adam) et nous récoltons la mort spirituelle, puisque la vie n’est pas en notre pouvoir. Chercher notre bonheur en-dehors de Dieu, c’est un leurre, une folie.
      Donc, quand Paul dit : « La grâce de Dieu a comblé la multitude, cette grâce qui est donnée1 en Jésus-Christ », il veut dire que Jésus-Christ a instauré entre Dieu et nous cette relation d’amour qui est vitale pour nous, et qui nous comble parce que nous sommes faits pour elle. Comme dit Saint Augustin « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre coeur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ». Saint Jean dit la même chose, mais autrement : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3). Or, en langage biblique, connaître et aimer c’est la même chose. La vie éternelle, celle qui est commencée depuis notre Baptême, c’est donc de vivre dans l’amour de Dieu, tout simplement, dans sa grâce qui nous environne à tout instant.
      C’est bien le moment de chanter le psaume de ce dimanche : « Vie et joie à vous qui cherchez Dieu ! »
      ——————————
      Note
      1 – « La grâce nous a été donnée » (verset 15) : la grâce n’est pas une chose, un objet qu’on se donne, c’est une relation, la relation d’amour entre Dieu et l’humanité. Il est toujours très difficile de ne pas parler de la grâce comme d’un objet que l’on possède ; et il ne faudrait pas que l’expression « la grâce nous a été donnée » nous pousse à considérer justement la grâce comme un objet qu’on se transmettrait ; ce n’est certainement pas l’idée de Paul : grâce est synonyme d’amour de Dieu et nous savons bien qu’un amour n’est pas un objet, il est la relation qui unit les deux personnes qui s’aiment.

      EVANGILE – selon saint Matthieu 10, 26 – 33
      En ce temps-là,
      Jésus disait à ses Apôtres :
      26 « Ne craignez pas les hommes ;
      rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
      rien n’est caché qui ne sera connu.
      27 Ce que je vous dis dans les ténèbres,
      dites-le en pleine lumière ;
      ce que vous entendez au creux de l’oreille,
      proclamez-le sur les toits.
      28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
      sans pouvoir tuer l’âme ;
      craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
      l’âme aussi bien que le corps.
      29 Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
      Or, pas un seul ne tombe à terre
      sans que votre Père le veuille.
      30 Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
      31 Soyez donc sans crainte :
      vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
      32 Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
      moi aussi je me déclarerai pour lui
      devant mon Père qui est aux cieux.
      33 Mais celui qui me reniera devant les hommes,
      moi aussi je le renierai
      devant mon Père qui est aux cieux. »

      Il suffit d’entendre l’insistance de Jésus à dire « Ne craignez pas » pour penser que les disciples avaient de bonnes raisons d’être inquiets ! Effectivement, après leur avoir annoncé qu’il les envoyait en mission (c’était notre évangile de dimanche dernier), il ne leur a pas caché que l’entreprise était risquée. Voici, chez Saint Matthieu, les phrases qui précèdent notre évangile d’aujourd’hui : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups … Prenez garde aux hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues ; vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi…Vous serez haïs de tous à cause de mon nom. » Et c’est ici que commence notre texte d’aujourd’hui. Jésus poursuit en disant : « Ne les craignez pas… ».
      Les apôtres sont donc prévenus et pourtant Jésus les invite à avoir l’audace de témoigner quand même. Son argument pour les encourager, c’est : la Vérité est irrésistible. Rien n’arrêtera la Révélation. « Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu ». (Donc n’hésitez pas.) « Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits ».
      Tout au long de l’Ancien Testament, Dieu découvre à l’homme ses secrets par la parole des prophètes et la réflexion des sages. Mais toutes ces choses « cachées depuis la fondation du monde » (Mt 13, 35 ; Ps 77/78, 2) ne deviennent lumineuses qu’au moment de la venue du Christ : c’est ce que dit Paul aux Corinthiens : « Jusqu’à ce jour, quand on lit l’Ancien Testament, le voile demeure. Il n’est pas levé : c’est en Christ qu’il disparaît » (2 Co 3, 14). Dans le Christ apparaît en pleine lumière le dessein bienveillant de Dieu : « Tout m’a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11, 27).
      Les disciples, témoins de cette levée du voile, ne peuvent que crier ce qu’ils ont vu, entendu, touché : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de Vie… nous vous l’annonçons à vous aussi… et nous vous écrivons cela pour que notre joie soit complète. » (1 Jn 1, 1…3). Jean ici parle de la joie de l’apôtre qui se laisse porter par le dynamisme de la Révélation.
      Mais comme Jésus le leur avait prédit, il leur a fallu surmonter la persécution, à commencer par celle de leurs frères juifs. Quand Matthieu écrit son évangile, la persécution des chrétiens par les Juifs est une réalité et l’évangile d’aujourd’hui a certainement pour but de fortifier leur détermination. A notre tour, si nous sommes croyants aujourd’hui, c’est bien parce qu’ils ont tenu bon et qu’ils ont surmonté leurs premières craintes.
      Jésus leur avait dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la Géhenne l’âme aussi bien que le corps ». En disant « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps », Jésus envisage les périls corporels bien réels auxquels s’exposent les disciples. Il risquent effectivement la mort : « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront condamner à mort » (Mt 10, 21). « L’heure vient où celui qui vous fera périr croira rendre un culte à Dieu. » (Jn 16, 2). Le « ne craignez pas » signifie sans doute : « N’ayez pas peur de rester fidèles même au risque de la mort », la mort biologique, s’entend.
      La seule crainte autorisée, c’est de manquer à la mission qu’il nous a confiée d’annoncer l’évangile : « Craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la Géhenne l’âme aussi bien que le corps ». C’est-à-dire le Tentateur qui vous poussera à la désertion. Car le mot « périr » vise un autre danger bien plus grave, celui de la mort spirituelle, la rupture avec celui qui est le maître de notre destinée. Il est bien évident que Dieu veut nous garder de ce danger-là. Et, pour encourager ses disciples, Jésus les invite à la confiance ; il leur rappelle qu’ils sont sans cesse dans la main de Dieu : « Est-ce qu’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Pourtant pas un d’entre eux ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés ».
      Et il continue : « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux ». Il s’agit de se déclarer publiquement et en actes, solidaires du Christ ; ne faire qu’un avec lui. Il ne s’agit pas d’un calcul, mais d’une relation d’amour : par notre baptême, nous avons été greffés sur Jésus-Christ, nous sommes inséparables de Lui ; et avec lui, nous demeurons dans l’intimité de la Trinité. Comme le dit Saint Paul, « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Ro 8, 39).
      La deuxième phrase « Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux » dit seulement que nous restons toujours libres de nous éloigner et de dire comme Saint Pierre au moment de l’arrestation du Christ : « Je ne connais pas cet homme » (Mt 26, 72). Mais nous savons bien que celui qui s’éloigne à la manière de Pierre peut toujours revenir ; et, comme à Pierre, le Christ lui dira simplement « M’aimes-tu ? » (Jn 21, 15…)


    • Homélie du dimanche 25 juin

      Dimanche 25 juin 2017
      12éme dimanche du Temps Ordinaire

      Références bibliques :
      Du prophète Jérémie : 20. 10 à 13 : “ C’est à toi que j’ai confié ma cause.”
      Psaume 68 : “Vie et joie à vous qui cherchez Dieu.”
      Lettre de saint Paul aux Romains : 5. 12 à 15 : “ Le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure.”
      Evangile selon saint Matthieu : 10. 26 à 38 :” Vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.”
      ***
      Le passage de l’Evangile de ce dimanche rassemble l’essentiel de l’enseignement de Jésus sur la mission qu’il va confier aux Douze et à ses disciples et donc qu’il nous confie à notre tour.
      MISSION DE TEMOIGNAGE
      Nous savons bien qu’à travers ses apôtres, c’est à l’Eglise et donc à nous que ces paroles s’adressent aujourd’hui. Selon les paroles même de la liturgie baptismale, notre baptême nous constitue prophètes, c’est-à-dire “témoins” de Jésus-Christ.

      Le disciple n’est pas un porte-parole étranger au message qu’il annonce. Il appartient à ce message et il doit supporter les risques d’un témoignage dont il partage la responsabilité. ‘Enfant de Dieu et de l’Église » selon la doctrine baptismale.
      Si la Parole vient effectivement d’un Autre, cette Parole nous traverse et vient nous habiter avant que nous ne La transmettions à notre tour à d’autres. Le témoin de l’Evangile ne peut être que le reflet de la relation qu’il entretient lui-même avec Dieu par le Christ-Jésus. Notre témoignage doit être l’expression de l’Esprit-Saint qui a investi tout notre être et qui le fait vivre.
      Nous avons à vivre de Jésus-Christ et c’est notre vie qui, alors, sera le premier discours que nous adressons à nos frères. C’est une mission exigeante qui implique l’engagement total. Celui qui reniera sera renié à son tour devant le Père qui est aux cieux. (Matthieu 10.33)
      OPPOSITION ET PERSECUTION
      Comme les apôtres, les chrétiens font l’expérience de l’opposition et de la persécution, même si celles-ci prennent des formes plus subtiles.
      « Un chrétien souffre pour la justice quand, en échange de sa fidélité au Christ, il fait l’expérience des humiliations et des outrages, de la dérision dans son propre milieu de vie, incompris parfois même par les personnes qui lui sont les plus chères. Quand on s’expose à être contredit, quand on risque l’impopularité. Il y a le martyre du corps et celui de l’esprit, le martyre de notre vocation et celui de notre mission.” (Jean Paul II)
      Lorsque nous acceptons d’annoncer le Christ et d’en témoigner par notre vie, nous acceptons aussi le risque des incompréhensions et des oppositions.
      TEMOINS DANS LA CONFIANCE.
      Aussi, il n’est pas rare que certains de nous perdent coeur et renoncent à leur vocation prophétique, non par volonté délibérée mais par découragement.
      C’est que nous n’avons pas encore entendu et accueilli pleinement pour notre propre compte le risque de cette Parole, qui nous dérange nous-mêmes comme elle dérange ceux qui la reçoivent de nous.
      Jésus nous invite à la confiance “Ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire. Ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment.” (Matthieu 10. 19) Si nous vivons de lui, notre foi nous fait savoir que sa présence en notre vie est la force et la source de cette confiance, et sa présence se traduit également par celle de l’Esprit-Saint comme il enseigné à ses apôtres quelques heures avant sa mort, au soir du Jeudi-Saint.
      Deux épisodes de la vie de saint Pierre nous éclairent. Au soir de l’arrestation de Jésus, il renie son maître parce qu’il en reste à ses propres forces. Après la venue de l’Esprit-Saint, avec saint Jean, il ose déclarer au Sanhédrin :”Nous ne pouvons pas taire ce que nous avons vu et entendu.” (Actes 4. 30)
      C’est bien cela ce que nous avons vécu parce que nous l’avons accueilli. Cette Parole peut rendre notre coeur brûlant, et comme pour les disciples d’Emmaüs, elle nous donnera de reconnaître le Christ vivant en nous et nous fera de vrais témoins.
      **
      “Accepte, Seigneur, le sacrifice de louange et de pardon, afin que nos coeurs purifiés par sa puissance, t’offrent un amour qui réponde à ton amour.” (Prière sur les offrandes.)