Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix

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Diocèse de Montpellier

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Voir et croire (Jn 20, 19-29)

lundi 24 avril 2017, par Jean-Louis Cathala

Cette page de l’Évangile selon Jean nous parle de l’identité profonde du Ressuscité. Elle nous parle aussi de la foi ; notre foi :

Tout d’abord, donc, ces versets nous parlent du Christ. Au jour du baptême, au premier chapitre de Jean, l’Esprit « descend et demeure » sur Jésus et le Baptiste atteste que c’est lui, le Christ, « qui plonge dans l’Esprit saint » (Chapitre 1 , verset 33). A l’autre bout de son récit, l’évangéliste Jean nous montre un Seigneur qui fait ce que Dieu seul peut faire : Lui, l’égal du Père, il souffle sur les Apôtres et leur donne cet Esprit Saint. C’est une nouvelle création pour l’humanité. Paul écrira : « Si quelqu’un est dans le christ, c’est une création nouvelle » (2 Cor, chapitre 5, verset 17). Depuis lors, le monde et l’Église sont plongés dans ce souffle nouveau, un souffle qui remet debout et qui aide à vivre réconciliés.

Ce récit de l’Évangile selon Jean nous parle aussi de la foi. La foi, c’est une expérience : Pas seulement une conviction ; pas seulement non plus un sentiment ; mais une rencontre qui doit saisir tout notre être ; une rencontre vécue avec nos sens, en notre chair appelée à la Résurrection ! Avant d’être intellectuelle, la foi de l’Église est sacramentelle. Et pourtant – vous l’avez entendu et ce n’est pas un paradoxe - Jésus déclare : «  Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru…  » Un verset fondamental ; le Christ de St Jean s’adresse aux disciples de la deuxième génération, ceux qui ne l’ont pas croisé sur les routes. Et de siècle en siècle, sa parole nous rejoint.

Et Thomas n’a pas le beau rôle : Il est celui qui croit parce qu’il a vu, exactement à l’opposé des bienheureux appelés à croire sans avoir vu... Car en vérité, croire, c’est consentir à ne pas voir, à s’abandonner les yeux fermés entre les bras de quelqu’un dont on se sait aimé ! La foi, c’est faire confiance. Le sommet du Quatrième Évangile, c’est la petite phrase du matin de Pâques : «  Il vit et il crut…  » Le disciple « que Jésus aimait » est la contre-figure de Thomas, car il entre dans le regard de la foi devant un tombeau ouvert ; là où, justement, circulez, il n’y a rien à voir…Il ne croit pas parce qu’il voit, mais il voit dans la mesure où il croit ! Il nous montre le chemin et nous parle de notre avenir. Car un jour, nous tous, nous verrons Dieu « les yeux dans les yeux !  » ( Nombres, chapitre 14, verset 14 )