Paroisse Saint-Paul et Sainte-Croix

Quartiers de Celleneuve et la Paillade

Diocèse de Montpellier

Accueil > Prier - Textes à méditer > Homélies du Père Cathala > Et nous qui espérions ( Lc 24, 13-35 )

Et nous qui espérions ( Lc 24, 13-35 )

lundi 1er mai 2017, par Jean-Louis Cathala

Et nous qui espérions !

Ce jour-là, deux amis, complètement déboussolés, marchent sur une triste route. Ils ne savent plus où ils en sont. Ils tournent le dos à Jérusalem, ville sainte où convergeaient les yeux et l’espérance de tout un peuple. Ils ne connaissent que trop bien la mauvaise nouvelle : Leur ami Jésus est mort ; bien mort. « Et nous qui espérions… » Et nous autres, aussi, qui espérions tant garder les nôtres ; encore quelques années ; encore un printemps… Et nous autres qui espérions tant de choses : peut-être que nos enfants soient fidèles aux pratiques de notre foi ; et nous qui espérions vivre tranquillement jusqu’à la mort avec la femme ou l’homme de notre vie ; nous qui peut-être espérions trouver à Montpellier un bon travail pour vivre dignement ; nous qui espérions que le nationalisme calamiteux ait disparu de notre belle Europe… Devant tant d’espoirs perdus, que nous propose l’Évangile ?

Emmaüs ne nous offre pas la lumière de l’évidence ; mais une humble ouverture ; une promesse fragile : Les disciples ont été « bouleversés » par les paroles de quelques femmes. Ils voudraient bien y croire… Mais de là à y croire ? Ce qui manque à ces deux hommes et qui va leur être donné, c’est une présence qui accompagne avec respect comme le ferait un ami ; une présence qui écoute avec beaucoup de patience et de discrétion. Elle n’a l’air de rien ; elle ne s’impose pas dans nos vies ; elle ne supprime pas nos questions comme par enchantement. Mais elle nous encourage à poursuivre la route, debout, quoi qu’il advienne.

Depuis le départ de Jésus relevé d’entre les morts, nous sommes tous en marche. Bien sûr, ce n’est pas toujours la grande clarté d’un plein soleil, mais si nous allons jusqu’à l’auberge, dans le partage vrai de nos joies, de nos désillusions, nos tristes routes deviennent peu à peu un chemin de confiance. Et lorsque nous nous relèverons de tous nos « à quoi bon », de tous nos « c’est plus comme avant », de tous nos « je n’aurais pas dû », nous retournerons, comme les deux disciples, renouvelés, vers Jérusalem, c’est-à-dire en tout lieu où nous attend l’avenir plus grand que nos affaires classées ; l’avenir d’une vie plus forte que la mort.